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Pas perdus.........Ô Proche Orient

"Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ même. On ouvre les atlas, on rêve sur les cartes. On répète les noms magnifiques des villes inconnues..." (Joseph Kessel)

Good Morning Egypte

Publié le 30 Décembre 2012 par julisontheroad.over-blog.com in Egypte

On m'avait rapporté qu'il était plus désagréable de quitter Israël que d'y rentrer car il nous faut passer par une fouille complète des bagages, subir un interrogatoire suspicieux – Etes-vous allé en territoire occupé ? Depuis quelle date êtes-vous entré en Israël ? Où êtes-vous allé ? ...etc...J'avais prévu le coup et avais ôté toute traces de mon passage en Palestine (cartes de visites, brochures des associations rencontrées...) et avais glissé tout ça dans mon sac à dos en espérant que les douaniers ne fouilleront pas mon sac.

Il est 10H du matin, le bus qui relie Eilat à la frontière égyptienne dépose tout le monde au premier check-point. Le soleil est déjà haut, la fournaise est étouffante mais il y a toujours ce vent incroyablement chaud qui vous secoue dans tous les sens. Je suis contente de passer en Egypte, j'ai hâte de découvrir les paysages arides du Sinaï.

Au moment de donner mon passeport à la douanière malgracieuse, qui d'un air sévère et autoritaire me dit « PASSEPORT !!! », je m'aperçois que j'ai conservé à mon poignet le bracelet au couleurs de la Palestine acheté à un gamin de Bi'lin. Trop tard, je ne peux ni l'enlever, ni le cacher. Je tends alors mon passeport en souriant au serber de la frontière. « Combien de jours avez-vous passé en Israël ? Quand êtes-vous entrée ? ». Je lui dis d'un air naturel et logique, c'est indiqué sur mon passeport ! A ce moment là je me dis qu'elle n'a pas dû apprécier ma réponse et que je vais probablement avoir droit à une fouille des bagages et autre questionnement. Elle inspecte chaque page de mon précieux carnet et finalement appose le tampon de sortie. Bien contente de quitter le pays sans avoir à répondre à leurs questions, je me glisse vers la sortie – direction l'Egypte.

A peine cent mètres plus loin, c'est déjà plus la même ambiance. Ici, les policiers sont souriants, voir un peu blagueurs et ne semblent pas être stressés par le temps.

Ca me donne déjà envie d'enfiler une paire de tong et de siroter un verre les doigts de pieds en éventail, mais pas le temps pour ça enfin pas tout de suite.

A peine sortie du poste, munie du précieux sésame, que les rabatteurs regroupent déjà les touristes et autres voyageurs à destination de Dahab. A priori les bus pour Dahab ne passeront pas avant 3 bonnes heures et rester à cuire au soleil avec les policiers du check-point de Taba ne m'emballe pas d'autant qu'il faut compter au moins 3 heures de routes. Pour 15 E£ de plus que le bus public, on rejoint Dahab en fin d'après-midi.

Le rabatteur nous informe que notre chauffeur attend après le dernier check-point à 800mètres de là. Tout le monde règle le trajet d'avance. Un tchèque qui fera le trajet également avec nous dit que c'est probablement une arnaque et qu'il n'y aura pas de chauffeur. Nous partons donc tous ensemble, (huit touristes, tous européens) à la recherche du minibus. Au final une bonne dizaine de bus attendent mais aucun ne va à Dahab.

Serions-nous victime d'une arnaque ? Quand soudain une voix crie Dahab ! Dahab !

Nous traversons Taba, ni ville, ni village, mais plutôt une accumulation d'hôtels étoilés regroupés en bord de mer et en plein désert. Ici les touristes désireux de sortir du ghetto n'ont d'autre choix que de prendre les excursions proposées par leur hôtel. A gauche de la route s'étend les hôtels au formes originales et colorés. Côté droit, quelques petites masures rudimentaires, sans doute celles des ouvriers qui oeuvrent sur les différents chantiers des nouveaux complexes qui poussent comme des champignons. Pendant près de 4h, les paysages désertiques du Sinaï défilent. Montagnes rocheuses ocre-rouge et poussière à perte de vue. Rien ne pousse ici. Je retrouve les couleurs de Petra (Jordanie). Le Sinaï est le territoire des bédouins. C'est sans doute pour ça que je ne me sens pas encore en Egypte malgré le drapeau égyptien qui flotte au vent à chaque check-point. J'ai plutôt l'impression d'être de retour dans le sud jordanien.

Après une longue route, voilà Dahab, immense village tourné vers le tourisme, paradis des plongeurs. Immense n'est pas le bon mot, les hôtels, les restaurants, les centres de plongée...sont tous concentrés le long d'une rue qui longe la mer. La température à bien baissé, il semble que l'on soit arrivé en même temps qu'une vague de froid. Il y a quelques jours il y avait de la neige sur le Mont Ste Catherine.

 

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