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Pas perdus.........Ô Proche Orient

"Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ même. On ouvre les atlas, on rêve sur les cartes. On répète les noms magnifiques des villes inconnues..." (Joseph Kessel)

Il était une fois l'Euphrate..vestige de la Mésopotamie

Publié le 8 Janvier 2011 par julisontheroad.over-blog.com in Syrie

Nous rejoindrons Alep en remontant le long de l'Euphrate comme au temps des grandes caravanes, et des échanges commerciaux qui ont fait la richesse de cet empire déchue, la Mésopotamie.

Le désert pour seul horizon pendant près de 400 kilomètres. Au loin quelques points noirs mobiles au milieu de cette vaste étendue de sable et de poussière.   " Une caravane ! " s'écrit notre chauffeur, il stop la voiture sur le bas côté, nous sortons pour observer les dromadaires se mouvoir nonchalamment dans ce désert mi sableux mi rocailleux.

Spectacle sublime ! Assise dans le sable, je m'évade à l'époque des grandes caravanes, j'imagine les caravaniers marchants avec leurs ânes, leurs chameaux, transportant les plus fabuleuses des marchandises, drapés dans leur habits de voyage.......Mon coeur bas à toute allure à l'approche de ce petit groupe de "Camel" qui passe devant moi sans me prêter aucune attention, l'air hautins et royal, ils marchent gracieusement en file indienne vers leur prochaine étape qui sera également celle de leurs maîtres. Instant magique, pas un bruit ne vient perturber ce moment où je me dit que j'aimerai les suivre un instant, ci ce n'est le vent qui souffle dans cette immensité et vient murmurer à mon oreille. Je resterai bien des heures assise là à les regarder, mais il y a des serpents dans le coin alors...

Notre chauffeur nous explique que chaque jour, les bédouins laissent aller les troupeaux de dromadaires à leur guise. Ils parcourront près de vingt kilomètres librement dans la journée, ce soir les bédouins les rejoindront et passeront la nuit là où les dromadaires ce seront arrêtés. Voilà pourquoi ils n'étaient pas accompagnés lors de notre rencontre.

Malheureusement nous devons nous remettre en route, direction Doura Europos et de Mari, tout près de la frontière irakienne (15 kilomètre). Mais c'est à nouveau le coeur emplie que je continue ma route en espérant que ce voyage me réservera encore bien des surprises. 

Cette fois-ci c'est sûr, tous ces moments spéciaux agissent comme une drogue sur moi et je voudrais que jamais les émotions et sentiments ne me quitte. C'est mon adrénaline. Le voyage nous emmène parfois plus loin que prévu. 

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Doura Europos, au loin se dresse les remparts d'une ancienne cité fortifiée, véritable oasis en plein désert. Elle était autrefois pourvue de jardins suspendus, l'eau y était abondante et cette ville en brique de terre crue était un véritable bastion en plein désert. 

Difficile d'imaginer la splendeur qui a fait jadis sa réputation. Il n'en reste plus qu'aujourd'hui les imposants remparts et la porte sublime gardienne de la cité. De-ci de-là au milieu de cet immense espace les fondations des maisons, des boutiques......de la citadelle il ne reste que les hauts murs où l'on accède par des monticules de terre et d'où enfin j'aperçois l'Euphrate en contrebas.

Si longtemps rêvé, lu, le voilà sous mes yeux, majestueux, d'un bleu profond et tranquille. Enfin je découvre ce Fleuve qui transporta Nabuchodonosor, Enmerkar, et tant d'autres rois, princes et princesses, guerriers et marchands. Il fut la principale voie de navigation en Mésopotamie. Des histoires toutes plus fabuleuses les unes que les autres, parfois entre légendes et réalité en raconte l’épopée. Il est là tranquille, pareil à une page qui attend qu'on la lise. Aujourd'hui plus qu'hier il est source de vie en plein désert.

Nous sommes à l'extrême sud-est du pays, ici rien ne pousse sans l'Euphrate. Dans la région la guerre de l'eau à déjà commencée, la Syrie se dispute l'Euphrate avec la Turquie qui a érigé un barrage sur les hauts plateaux d'Anatolie, ce qui a pour effet de beaucoup en réduire les flux en Syrie. D'ailleurs la Syrie prend conscience aujourd'hui qu'elle doit agir et après avoir construit le barrage du lac Assad, va en construire un second au nord-est (Kurdistan syrien). Seulement voilà, cette région est extrêmement riche en vestiges, on y dénombre des centaines de Tel archéologiques jamais encore explorés et déjà condamnés à être noyés sous les eaux de l'Euphrate. Les syriens savent qu'ils doivent en prendre soin, ils le considèrent avec respect, car il est l'une des rares sources d'eau du pays avec l'Oronte. 

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Nous quittons les rives fertiles de sa majesté pour rejoindre Mari, qui fût autrefois l'une des villes commerciale les plus importante de Mésopotamie. Ville palais de l'un des premiers rois de l'histoire du monde, Zimri Lim. Dommage, le site est laissé à l'abandon, déserté par les archéologues pourtant nous avons posé les pieds dans l'une des plus vieille ville du monde et de l'histoire. 

Une petite pause sandwich vache kiri s'impose avant de continuer en direction de Deir Ezzor.

Ville bédouine peu accueillante qui sert uniquement de camp de base aux quelque touristes ayant osé s'aventurer par ici. Et oui, les touristes indépendants boudent cette partie du pays car il est vrai qu'il n'est pas facile de l'explorer par ces propres moyens. Peu de transports en communs ici, ou alors ils vous laissent au croisement de deux routes et vous devez vous débrouiller pour effectuer les derniers kilomètres qui mènent aux sites précédemment énoncés. Mais rien d'impossible à qui veut poser les pieds sur les traces des anciens plus grands royaumes de l'histoire de l'humanité.

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