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Pas perdus.........Ô Proche Orient

"Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ même. On ouvre les atlas, on rêve sur les cartes. On répète les noms magnifiques des villes inconnues..." (Joseph Kessel)

La plume et l'enclume !

Publié le 4 Octobre 2011 par julisontheroad.over-blog.com in Israël - Palestine

Aujourd'hui je prend la direction de Bil'in, perdu au coeur de la Palestine, ce lieu est le théâtre de manifestations contre la construction du mur de séparation. Pour s'y rendre il faut d'abord rejoindre Ramallah d'où partent les minibus qui désservent les petits villages. 

Ramallah, place aux lions : il fait très beau ce matin, la chaleur commence doucement à pointer son nez, nous sommes le 3 décembre la température aproche les 25 degrés le ciel est d'un bleu limpide, météo exceptionelle à cette période de l'année. Installée à bord du minibus, nous attendons qu'il se remplisse pour partir, 45 minutes plus tard personne ne vient le chauffeur décide alors de partir. Une heure plus tard, le bus entre dans Bil'in. 

 

Bil'in : Il est 10h du matin, la plupart des maisons sont fermées, peu de personnes dans les rues. Le soleil tape, je cherche le mur de séparation mais je ne sais pas dans quel sens aller et personne ne semble apte à fournir des informations ou ils préferent ne pas répondre. Je ne sais pas vraiment. Mis à part quelques gamins qui souhaitent vendre des bracelets aux couleurs de la Palestine et autres petits gadgets, les rues sont casiment désertes. Il fait trop chaud pour arpenter le village de long en large, je m'assoie à l'ombre près de l'arrêt de bus. Aucun bruits ne résonne, aucune trace de manifestation, rien qui puisse permettre de savoir si le lieu est le bon, j'espère juste être au bon endroit et ne pas avoir manqué la manif car je suis venu exprès. Je sais que les "demonstrations" n'ont lieu qu'une fois par semaine chaque vendredi et que je ne pourrais être là la semaine prochaine alors j'attend, et cherche du regard un signe mais rien. J'attends encore, assise sur ma pierre, j'observe les maisons alentour et me rend compte qu'elles portent presque toute des peintures. Certaines portent les couleurs de la palestine et la colombe de la paix, d'autres arborent des peintures de paysages....mais toutes représentent l'espoir d'une vie meilleur, d'une vie en paix. J'étais tellement concentrée sur la recherche de la manifestation que je ne les avaient pas remarquées.

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Une femme s'aproche, elle propose un thé et à manger, il est presque midi. Pourquoi pas, il n'y a pas grand chose à faire ici, rien ne semble ouvert et comment refuser une invitation et l'hospitalité palestineinne ? A l'aproche de sa maison, je vois un comité d'accueil se former, ce sont ces enfants. La maison semble être en chantier, peut-être n'est elle pas fini car elle se trouve à la sortie du village donc peut-être trop proche du mur. Je ne sais pas je le cherche des yeux et pourtant je ne le vois toujours pas. La vue depuis la fenêtre devant laquelle elle à installé une petite table basse et des chaises, est magnifique, elle donne sur les terres plantées d'oliviers. Une fois la cérémonie du thé commencé c'est l'interrogatoire qui commence, elle veut tout savoir sur la vie en Europe...ces filles agées de 16 et 17 ans posent un million de questions, leur sourire illumine leur visage, elles semblent ravient d'avoir de la visite et de mon côté je suis émerveillé et touchée par l'accueil de cette famille. La femme vie avec ces deux filles et son fils aîné de 19 ans, son visage s'atriste lorsque les filles reviennent avec la photo du plus jeune garçon de la maison. La photo a été prise dans un hôpital, le jeune garçon d'environ 13 ans au moment de la photo a la tête entourée d'un bandage. Sa mère laisse quelques larmes échaper de ses yeux triste et rouges et explique qu'il a reçu une balle dans la tête alors qu'il participait à une manifestation dans ce même village contre le mur. Il est resté deux à trois mois dans le coma. J'ai pas compris s'il avait survêcut, je ne crois pas. A ce moment là la tristesse envahie mon coeur et je voudrai transporter cette famille loin d'ici. Après une pizza au Zattar, les filles décident de vider leur placards pour m'offrir des bracelets, des vêtements...pas moyen de dire non alors je cherche quelque chose à leur donner en échange et réussirai a refuser les T-shirts qu'elles souhaitaient me donner sans les contrarier. 

Bientôt 13h, le fils aîné vient nous chercher, il est presque l'heure de la manifestation. Lui n'y participera pas mais me conduit au point de raliment ! Dure moment que celui des séparations avec cette charmante famille, gros câlins, grands sourires, elles font signe jusqu'à ce qu'on ne les voient plus. C'est un peu plus triste mais le coeur emplie d'un beau moment que je les quitte, j'espère revenir un jour et les retrouver mais cette fois-ci ce sera moi qui leur offrirait des cadeaux. Je garderai à jamais en mémoire leur sourire, leur gentillesse et leur accueil. Le temps passé avec cette famille montre à quel point les palestiniens sont gentils, hospitaliers...

Un pays, un peuple, un coeur d'or !

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Devant la mosquée, un petit groupe d'internationaux s'est regroupé, petit à petit les villageois sortent de la mosquée et commence déjà à scander free Palestine. Megaphone, drapeaux, banderolles à la main, le cortège s'élance sur la petite rue qui conduit jusqu'au mur. J'observe le cortège se mettre en route lorsqu'un jeune me crie " come come, join us !", sorti de mes pensées par ces paroles je réalise qu'il faut y aller. Un étrange sentiment s'empare de moi à ce moment là, c'est comme ci mon esprit avait quitté mon corps et observait pour moi l'action qui se déroule sous mes yeux et lorsque j'ai vu les hommes équipés de masques à gaz je me suis dis à moi même " mais qu'est-ce que tu fais ici, t'es folle, tu sais pas dans quoi tu t'embarques" ! Entraînée par la rumeur et les cris de liberté des palestiniens autour de moi, le doute ne restera pas longtemps je suis là où je voulais être. N'empêche que je ne peux quitter des yeux les masques à gaz qui se baladent à l'épaule des manifestants. Au loin on peut déjà apercevoir la barrière de sécurité placée là pour protéger les colons des éventuelles attaques des villageois "dixit Israël". Au milieu des manifstants un jeune handicapé roule jusqu'aux barbelés en fauteuil paré de drapeaux palestiniens, masque à gaz à porté de main. Les premiers manifestants ouvrent la barrière de sécurité et commencent à tirer sur les barebelés en scandant " Free Palestine......."

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Une première colone de soldats israeliens s'approchent et observent les manifestants sans bouger, ils connaissent le mouvement et cela fait des années que ça dure, chaque vendredi à la même heure c'est la même action. On pourrait croire qu'ils ne bougeront pas face à une poignée de villageois désarmés mais ce n'est pas le cas. Au bout de quelques minutes, ils tirent une première salve de bombes sonnores et gazs lacrimaux. Au premier tire mon coeur s'est emballé, je me suis demandé ce qui se passait et mon premier reflex à été de regardé si j'avais reçu un projectile. Autour de moi les gens lancent des cailloux en criant qu'ici c'est leur terre, que la colonie est illegale et que les colons doivent s'en aller et arrêter l'expension de leur colonie. Une nouvelle vague de soldats vient en renfort et lancent de plus en plus de gazs, l'air devient irrespirable, j'essaie de faire quelques photos lorsque soudain dans l'objectif de mon appareil je vois les gens commancer à courir vers moi, coup de pannique, pas le temps de regarder autour de moi je me met à courir également croyant que les soldats ont penetrés la zone palestinienne. Il n'en ai rien, les manifestant fuient les gazs. Israël à mis au point un coktail puant qu'ils lancent sur les manifestant et dont il faudra 5 douches pour se débarraser de l'odeur. Le ton monte d'un cran, l'armée commence à tirer (il parraît qu'ils utilisent uniquement des balles en caoutchou).

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On m'a dit que lorsque je voyais les gamins se camoufler le visage derrière leur keffieh il fallait s'écarter car ils devenaient la cible des soldats. Un gamin à côté de moi jette des pierres à la fronde sur l'armée, le jet ne les atteint pas mais ils répliquent tout de même. Je voudrais m'éloigner un peu pour prendre quelques photos lorsque je vois un gamin courir à toute jambe à travers les oliviers, en remontant sa trajectoire je vois qu'un soldat le tien en joue, pas le temps de réagir il tire 4 balle mais heureusement le gosse court vite et la balle le frôlera seulement.

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Derrière en contrebas, l'armée procède à la même opération que la où je me trouve, nous sommes coincés au milieu impossible de bouger. Les gosses appel les internationaux à les couvrir, ils sont cachés derrière les arbres l'armée se trouve à une quinzaine de mètres, une balle à cette distance, même en caoutchou....

D'un seul coup les austilités s'arrêtent, le samu palestinien arrive pour voir si tout le monde va bien. En remontant en direction du village, un petit groupe de gamins ayant participés à la manifestation racontent leur exploits, l'un d'eux me montre comment lancer une pierre avec sa fronde avec un fou rire tonitruant. Ce qui me trouble, c'est qu'il semble que ces enfants prennent ça comme un jeu, comme ci c'était une activité divertissante semblable au ballon prisonnier mais ils ont parfaitement concience de la situation car c'est leur quotidien et ils sont élevés dans l'espoir de récuperer un jour leur terre, de pouvoir cultiver leurs champs d'oliviers, emmener au champs leurs chèvres et leur moutons, aller à l'école sans faire un détour pour éviter les colonies, sans craindre une incursion de l'armée...

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