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Pas perdus.........Ô Proche Orient

"Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ même. On ouvre les atlas, on rêve sur les cartes. On répète les noms magnifiques des villes inconnues..." (Joseph Kessel)

Les géants de papier

Publié le 12 Août 2011 par julisontheroad.over-blog.com in Israël - Palestine

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Il m'aura fallu du temps pour laisser reposer mes sentiments quant à mon arrivée en Terre Promise.

Je ne peux pas dire que mon premier ressenti fut la joie d'arriver enfin dans ce pays, qu'il m'a fallut deux ans pour préparer, le penser et me lancer. Non, je ressenti plutôt un malaise, une gêne une sensation d'étouffement, une espèce d'angoisse et surtout une impression d'être emprisonnée, de ne pas être libre.

Arrivée de nuit le premier soir de Sabbat à la grande gare centrale de Jérusalem après cinq de bus à travers le désert du Néguev avec une appréhension grandissante et une certaine tristesse à la seule pensée de découvrir les premiers blocs de ciment du Mur de la Honte. Je ne saurais dire réellement, si mon malaise venait du fait que je savais parfaitement où je m'aventurai ou si c'était seulement dû au fait que les gens ici avaient le regard dur et le visage fermé à toute rencontre.

Le taxi stoppa sa course hors de prix, sabbat oblige, devant la porte de Jaffa, au pieds des remparts de la vieille ville étant exclusivement piétonnière hormis les véhicules de ramassage des poubelles et les astucieuses charrettes de ravitaillement des boutiques du souk. De là il indiqua le chemin à suivre pour trouver l'hôtel que j'avais repairé dans le guide.

Il est tard, il fait nuit noire, la plupart des boutiques du souk ont cessées toute activité et les quelques personnes qui marchent d'un pas déterminé sont les sionistes qui se pressent au Mur des Lamentations pour célébrer le Sabbat, ce qui ajoute à mon malaise.

La première image qui me vient encore aujourd'hui de mes premiers pas à Jérusalem, est un géant. Tout de noir vêtu, une barbe noir bien fournie taillée en décroissant se terminant sur son ventre, des yeux noir affûtés, deux papillotes entourant son visage blanc et sévère surmonté d'un haut de forme noir qui ajoute à sa taille une impression de géant, il doit bien mesurer 1m95 et me donne l'impression d'avoir franchi un autre monde.

Me voilà propulsée dans un monde de géant. Je me sent mal à l'aise et n'éprouve que l'envie de m'enfuir loin de cette terre dont j'ai l'impression d'avoir absorbé toute la peine et la mélancolie.

Enfin l'escalier de pierre à droite indique le nom de l'hôtel, dans une petite rue parallèle à la rue principale qui traverse du nord au sud la vieille cité, dans une minuscule maison de pierre obscure, c'est ici !

<< Welcome in Israël >> accueil le tôlier. << Wehave only mixte dormitories >>, anyway je veux juste me poser et sortir trouver à manger. Le dortoir se trouve en souterrain avec pour seule ouverture un minuscule fenêtre sans vitre protégée de grilles, la pièce est minuscule, sombre et humide. Le lieu ajoutant à ma peine, j'étouffe, j'ai besoin d'air de soleil, mais peut-être que manger me redonnera du baume au coeur et marcher en ces murs changera peut-être mon malaise en plaisir de découvrir cette mystique et mythique cité vieille de 3000 ans. La journée fut longue et chargé de tensions, s'en doute tout cela était juste dû à l'appréhension du passage frontière avec un tampon libanais et syrien sur mon passeport, je ne sais pas trot mais une bonne nuit de sommeil réparera sans doute, et évaporera le malaise de mon âme.

 

Malheureusement ce ne fût pas le cas, au réveil rien n’avait changé. Mes premières déambulations dans la ville n'ont fait que conforter ce malaise. L'armée, la police, ces géants de papiers pleurant et psalmodiant peut-être implorant ce pan de mur, seul vestige d'un passé tumultueux et grandiose, rendent les lieux oppressants. Je ne peux toujours pas vraiment mettre de mots sur cet état d'âme ; peut-être est-ce la conscience de se qui se passe en dehors tout en voyant la foule souriante des touristes venus prendre en photo l'illusion d'un monde heureux. Je me demande comment font-ils pour ne pas ressentir, apercevoir ces grillages qui condamnent une partie de la ville, comment font-ils pour croire que cette cité est magique alors que moi je ne peux m'empêcher de vouloir fuir cette cage dorée où même les colombes ne sont autorisées à se poser. J'aimerai être comme eux, ignorante de la souffrance de l'autre côté, de la soif de liberté éprouvé et aussitôt réprimé, me sentir légère et inconsciente.

En ce deuxième jour mon coeur n'a pas réussi à voir au delà de l'histoire, il n'a pas trouvé le visage souriant et ami d'un étranger croisé dans la rue, le soleil n'a pas réchauffé mon coeur. Impossible de retenir ces quelques larmes mélancoliques qui emprisonnent mon coeur, je cache mes yeux émus derrière mes lunettes de soleil.

 

Saint Sépulcre, début d'après-midi. La foule se masse en ce lieu, bastion du christianisme, pour visiter le Christ dans sa dernière demeure au prix d'une longue attente. Les pèlerins se jettes sur le sol pour embrasser la stèle de marbre où fut déposé le corps de Jésus pour y être lavé avant l'inhumation. On raconte que l'huile qui recouvre cette pierre n'aurait de cesse de la recouvrir alors les pèlerins s'y pressent, l'embrasse et y dépose leurs prières et leurs espoirs. La ferveur qui règne ici dans le silence est intense, je sort dans la cour et me retrouve noyée dans la foule de croyants venus de tous pays. Alors j'observe les visages enchantés d'être là, d'autres tristes sans pouvoir définir cette ambiance somme toute particulière. Assise là, je songe à la Palestine de l'autre côté des murs ; alors dans quelques jours commencera un autre voyage, plus proche de ce que j'ai déjà traversé ces deux derniers mois et d'un coup je me suis senti mieux.

les toits de Jerusalem

Acclimatée sans doute au rythme et à l'ambiance de cette cité incroyable. Je peux enfin voir au delà des médias, et laisser la ville marquer son empreinte sur des souvenirs joyeux, me laissé porter par la ville au détour des quartiers chrétiens, musulmans, arméniens et juifs. La ville se pâme de mille couleurs dans les souks, le monde entier expose ici ces merveilles artisanales, le made in China y trouve également sa place. Au détour d'une ruelle un vendeur de falafels deviendra mon restaurant . ambulant préféré.Cependant au cour d'une promenade sur les toits de Jérusalem, une chose m'a frappée et m'a laissé songeuse. Il arrive que l'on trouve au détour d'une cour surplombant la ville, une étoile juive gravée dans le béton sans doute pour marquer un peu plus le territire. Comme ci tous les drapeaux et barbelés ne suffisaient pas à vous montrer où vous avez posé les pieds , ils ont marqués la ville au fer!

graver dans le béton 

...Plus tard je vous emmènerai à la découverte de cette incroyable Cité.

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